Chers membres du RHB,
Depuis quelques semaines, une réflexion revient souvent en moi : celle de la fin des cycles.
Pas les fins brutales. Pas les effondrements.
Non. Ces moments plus subtils où la vie semble doucement nous murmurer :
« Il est bientôt temps de laisser la place à autre chose. »
Je vais commencer par vous partager une expérience vécue, parce que c’est ainsi que nous parlons dans nos groupes : avec ce « je » qui s’engage.
Il y a un peu plus d’un an, une relation amoureuse importante pour moi s’est terminée. Six mois merveilleux. Une relation vivante, simple, fluide, dans laquelle je me sentais profondément bien. Et pourtant, elle s’est arrêtée. Pas à cause d’un conflit. Pas parce que cela allait mal. Elle s’est arrêtée parce que la vie en a décidé autrement.
J’ai accusé le coup. Bien sûr.
J’aurais voulu continuer cette histoire.
Mais au fond de moi, je savais aussi que je ne pouvais pas retenir quelqu’un qui souhaitait partir. Alors j’ai laissé partir. Avec tristesse. Avec douleur aussi. Et avec le sentiment étrange que quelque chose m’échappait complètement.
Et puis la vie a continué.
Aujourd’hui, avec le recul, je réalise que cette fin a laissé de la place à un nouveau commencement. Une relation que je n’aurais probablement jamais vécue si je m’étais accroché à la précédente. Une relation qui, aujourd’hui encore, après dix mois, est sans doute ce que j’ai connu de plus beau, vivant et porteur de toute ma vie. Et pourtant… j’aurai bientôt 52 ans.
Pourquoi est-ce que je vous partage cela aujourd’hui ?
Parce que je crois que cette expérience résonne profondément avec une autre décision importante que j’ai prise : celle d’arrêter la présidence du RHB à la fin de mon mandat actuel, lors de l’Assemblée Générale de mars 2027.
Cette décision mûrit en moi depuis plus d’un an.
Elle est à la fois difficile… et évidente.
Difficile parce que j’aime profondément le RHB. J’ai aimé en être le président pendant toutes ces années. J’ai aimé les rencontres, les échanges, les moments de doute, les projets, les hommes que j’ai accompagnés vers un groupe et que j’ai parfois vu transformer leur vie. J’ai aimé sentir que, quelque part, ce réseau participait à remettre du vivant, du lien et de la conscience dans le parcours de certains hommes.
Mais cette décision est aussi évidente parce que ma vie est aujourd’hui très remplie. Et je sens que je ne peux plus offrir au RHB l’énergie et la disponibilité que j’aimerais lui donner.
Alors il est temps.
Pas de disparaître.
Pas de tourner le dos.
Mais de transmettre.
L’équipe actuelle de l’Organe d’Administration, qui m’accompagne depuis toutes ces années, a également décidé de passer progressivement le relais à une nouvelle équipe, à l’exception de Dominique qui est encore en réflexion.
Et curieusement… malgré l’émotion que cela provoque en moi, je ressens aussi beaucoup de confiance.
Parce qu’avec les années, j’ai appris quelque chose d’essentiel : la vie fait souvent mieux que ce que j’avais imaginé pour moi-même.
Quand je regarde mon parcours, je réalise que beaucoup des plus belles choses que j’ai vécues ne sont pas arrivées parce que je les avais parfaitement planifiées. Elles sont arrivées parce qu’un espace s’est créé. Parce qu’une page s’est tournée. Parce que quelque chose a été lâché.
Je crois profondément qu’il en sera de même pour le RHB.
De nouveaux hommes arriveront.
De nouvelles idées émergeront.
Une nouvelle énergie prendra place.
Et peut-être que certains d’entre vous, en lisant ces lignes, sentent déjà un petit mouvement intérieur. Une curiosité. Une envie timide. Une peur aussi peut-être.
Si c’est le cas, j’ai envie de vous dire ceci :
Je ne me sentais pas forcément “capable” moi non plus lorsque je me suis engagé davantage dans le RHB. Et pourtant, la vie m’a amené exactement là où je devais être.
Alors peut-être que la question n’est pas :
« Suis-je capable ? »
Mais plutôt :
« Est-ce que quelque chose en moi se sent appelé ? »
Je vous laisse avec cette réflexion qui m’accompagne beaucoup en ce moment :
Parfois, la vie ne nous donne pas ce que nous voulions… simplement parce qu’elle est déjà en train de préparer quelque chose de plus juste pour nous.
Avec toute mon amitié,
Michel Settembrino
Président du Réseau Hommes Belgique

