Chers membres du RHB,
En cette fin d’année 2025, j’aimerais vous écrire sur le silence. Sujet vaste et complexe, qui pourrait de prime abord sembler contradictoire avec nos groupes de parole d’hommes. Et avec le bruit déjà présent des fêtes de fin d’année !
Je vais commencer par vous partager une expérience vécue car c’est ainsi que se partage la parole dans nos groupes, avec ce « je » qui s’engage :
Lors de son concert à Bruxelles, Sam Garett (https://samgarrettmusic.com/) a proposé un temps de silence. Oui ! En plein concert, dans une salle remplie de gens venus écouter sa musique et sa voix, il a invité à un temps de silence. Le silence s’est fait, et très rapidement quelques personnes ont applaudi (sans doute le vieux réflexe de faire du bruit au plus vite), mais ces applaudissements n’ont pas été suivi, et le silence est revenu. Juste quelques minutes, très courtes. Mais quand même. Ce chanteur qui partage ce qui l’anime par du son (chant, musique, instrument), s’est posé avec nous, dans cet espace vide. Personnellement, j’ai ressenti beaucoup d’émotions comme de la magie et de la gratitude pour cet instant privilégié.
Ce thème du silence était déjà présent pour moi alors cette expérience m’a donné envie de vous poser la question aujourd’hui :
« Et toi comment te sens-tu dans le silence » ?
Cherches-tu le silence ? Le fuis-tu ? Comment te sens-tu dans le silence quand tu es seul ? Et quand tu es à deux, à plusieurs, dans un groupe silencieux, dans un groupe bruyant ?
Cette question du silence ouvre une porte vers notre capacité d’écoute lors de nos groupes entre hommes. Une simple écoute, avec un silence entre moi et l’autre qui parle. Et un silence (ou une tentative de silence) aussi dans ma tête : je ne prépare pas ma réponse, je ne laisse pas mon mental réagir sans cesse à ce que l’autre est en train de m’offrir par ses mots.
Et bien sûr aussi, les temps de silence. Ensemble. Cet instant après les mots directement sortis du cœur de mon semblable, durant lequel ces mots résonnent encore. Ils vibrent encore, et surtout l’émotion qu’ils ont suscitée pour lui, pour moi, pour les autres, peut continuer à vivre.
Pourtant, personnellement il m’arrive d’observer que je crains encore ces silences. Que j’y ressens un malaise et l’impression qu’il faudrait combler ce vide pour ne pas rester à ne rien dire, ne rien faire. Alors j’observe et j’accepte mon besoin de remplir. Et parfois, il y a la magie du silence qui opère vraiment, là, entre hommes dans ces espaces de partage : un sentiment d’unicité est alors palpable.
Je vous souhaite donc de belles fêtes joyeuses, lumineuses et musicales mais aussi silencieuses. Et surtout que 2026 soit une nouvelle page de votre histoire, encore blanche, comme un silence qui n’attend que les mots et les chants partagés.
« Le vrai silence est au bout des mots. Mais les mots justes ne naissent qu’au sein du silence » François Cheng
À très bientôt,
Avec toute mon amitié,
Michel Settembrino
Président du Réseau Hommes Belgique

